

L’histoire raconte que Charles III, duc de Lorraine au XVIe siècle, était un fervent amateur de quiche et la faisait régulièrement servir à sa table durant les jours maigres, ces périodes liturgiques où la consommation de viande était proscrite. Cette tradition ducale a contribué à établir la réputation de ce mets dans les cours nobles de l’époque, période de prospérité et de paix en Lorraine.

Origines Linguistiques et Étymologiques
Le terme « quiche » provient directement du francique lorrain « Kuchen » ou « Küche », signifiant « tarte » ou « galette ». Cette racine germanique se retrouve également dans l’allemand moderne « Kuchen » pour « gâteau ».
L’analyse étymologique révèle que le pluriel « Kéich » et le diminutif « Kichel » en zone rhénane se rapprochent davantage de la forme francisée « quiche ». Cette évolution linguistique s’explique par le fait qu’à l’origine, les boulangers confectionnaient plusieurs galettes simultanément pour utiliser les restes de pâte à pain dans la chaleur résiduelle du four.

Le Paradoxe Linguistique
Cette origine étymologique soulève une question linguistique fascinante : puisque le mot « quiche » est intrinsèquement lorrain, son utilisation implique automatiquement sa provenance régionale. Ainsi, l’expression « quiche lorraine » constitue effectivement un pléonasme, comme l’explique Evelyne Muller-Dervaux, présidente de la Confrérie de la Quiche Lorraine : « Étymologiquement, quand on utilise le mot quiche, cela sous-entend automatiquement qu’elle est lorraine, puisque c’est un mot lorrain ».